
Atelier philo: C'est quoi «aimer»?
Cette activité propose d'aborder avec les élèves la notion complexe de l'amour, en utilisant la polysémie du verbe aimer comme point de départ. L'objectif est d'inciter les élèves à une réflexion nuancée sur les différentes formes d'attachement et d'affection qu'ils peuvent rencontrer dans leur quotidien. Il est essentiel de reconnaître que, tout comme pour la construction de l'identité, les enfants sont confrontés à de multiples modèles et définitions de l'amour, notamment à travers les différents médias, leur environnement ainsi que leurs interactions sociales. Cette activité se veut donc être une opportunité de questionner ces modèles et de développer une compréhension plus fine, riche et profonde de ce que signifie «aimer» dans différents contextes.
Grâce à cette activité, vous permettrez à vos élèves de prendre conscience que le mot «aimer» recouvre une multitude de réalités. Ainsi, l'amour amical se manifestera davantage par le plaisir de partager des moments de jeu et de complicité, et par un soutien mutuel dans les difficultés. L'amour familial, quant à lui, sera plutôt associé à la protection, au soin et à un sentiment de sécurité. L'affection pour les animaux de compagnie se traduira par des gestes de tendresse, un soin et une réciprocité affective. Enfin, l'amour romantique se distinguera par une intensité émotionnelle particulière, pouvant engendrer des sentiments de joie intense, mais aussi de tristesse lorsque l’être aimé est loin de nous.
En leur permettant de s’interroger sur cette thématique, il s'agit d’examiner avec vos élèves combien chaque forme d'amour est unique et précieuse, tout en les incitant à questionner les stéréotypes associés à ces différentes manifestations affectives. La discussion pourra également mettre en lumière qu'il n'y a pas forcément de hiérarchie entre ces différentes formes d'amour, mais qu'elles peuvent toutes prendre une place et une importance singulière dans la vie des enfants, comme dans celle des adultes.
En d’autres termes, cette activité vise à déconstruire l'idée d'une définition unique et absolue de l'amour, en soulignant la diversité des expériences et des émotions liées à ce sentiment. Il est en effet essentiel de faire comprendre aux élèves qu'il n'y a pas de "bonne" ou de "mauvaise" façon d'aimer, mais que l'important est d'agir avec authenticité, respect et bienveillance envers les êtres qui nous sont chers.
Type de tâche: Atelier philo
Durée approximative: 50 minutes
Déroulement
La lecture de l'article «Pourquoi tombons-nous amoureux?» avec vos élèves serait une parfaite mise en contexte. Demandez-leur ensuite de formuler, en petite équipe, une question philosophique.
Les critères d’une telle question sont simples:
- elle doit être ouverte
- elle n’a pas une seule «bonne» réponse ni de réponse définitive
- elle doit pousser à la réflexion
- elle doit être universelle (autrement dit, concerner tout le monde).
En choisissant une de leurs questions, proposez-leur alors un moment de discussion dont le but n’est pas de trouver la bonne réponse ni de convaincre les autres de penser comme elles ou eux. Mais plutôt de donner du sens, ensemble, à une question complexe.
Voici une liste de questions qui pourraient vous être utiles pour relancer les échanges de vos élèves. Vous n’êtes pas obligé.es de toutes les utiliser évidemment! Vous êtes libres d’en piger quelques-unes, en fonction des directions empruntées avec vos élèves dans la discussion.
En somme, elles sont juste là en cas de besoin, afin d’amener vos élèves à approfondir ou à nuancer leurs réflexions. Mais aussi à prendre conscience qu’ils sont capables de réfléchir et de donner du sens à une question qui les concerne toutes et tous:
- Est-ce que tout le monde ressent l'amour de la même manière?
- Est-ce qu'on peut aimer plusieurs personnes en même temps, et est-ce que c’est pareil?
- Est-ce qu'aimer, c'est seulement ressentir des émotions ou est-ce que c'est aussi poser des actions?
- Peut-on aimer une idée ou une chose abstraite comme la liberté, ou le bonheur?
- Est-ce qu’aimer ça peut changer avec le temps?
- Est-ce qu’aimer c’est toujours facile, ou est-ce que ça peut parfois être difficile?
- Est-ce qu'il y a des façons plus «justes» que d’autres d'aimer?
- Est-il facile de prendre du recul par rapport aux «modèles d’amour» qu’on trouve dans les médias sociaux, les films ou les séries ?
- Comment savoir si on aime vraiment quelqu'un?
- Est-ce qu'on peut ne plus aimer quelqu'un?
- Qu'est-ce qui est le plus important: aimer ou être aimé?
- Est-ce qu'on peut aimer quelqu'un sans le/la connaître?
- Est-ce que l'amour est un sentiment dont on décide?
- Est-ce qu’aimer ça s’apprend?
La philo: comment on fait?
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Faire de la philo ce n’est pas juste parler, discuter ou dire ce qu’on pense. Ce n’est pas non plus empiler ou juxtaposer des opinions ou des idées, en prenant un air sérieux. C’est autre chose: il s’agit plutôt d’un dialogue, où on essaie de penser ce qu’on dit. Et pas juste de dire ce qu’on pense!
- Pour penser de façon critique, on peut s’appuyer sur des habiletés de pensée comme: définir les mots dont on parle, donner des exemples et des contre-exemples, mais aussi réfléchir aux conséquences et aux implications de ce qu’on dit.
- D’autres aptitudes sont importantes à développer: reformuler ses idées ou celles des autres (pour s’assurer qu’on se comprend bien), donner des raisons quand on avance une idée, ou encore identifier des critères permettant de classer nos idées et de les distinguer entre elles.
- En philosophie, il est primordial de se méfier des évidences, des réponses toutes faites et des vérités qu’on voudrait nous imposer. On essaie autant que possible de décrypter et de déconstruire les préjugés, les stéréotypes et idées présentées comme «l’évidence», le «gros bon sens» ou «ce que tout le monde sait».
- En philosophie, le but n’est pas de convaincre, mais de comprendre. C’est aussi de comprendre en quoi les sujets dont on parle et les questions qui en découlent nous concernent toutes et tous.
- Une chose essentielle: on découvre petit à petit qu’il est impossible (et heureusement!) d’arriver à des réponses qui sont «bonnes», définitives ou identiques pour chacun. Les réponses deviennent plus comme un horizon vers lequel on tend plutôt que comme un résultat qu’on voudrait obtenir.
Pour aller plus loin, voici consultez nos ressources vidéos «Faire de la philo avec les enfants» et «La philosophie comme moyen d'aborder les sujets sensibles».

Liens avec le programme de Culture et citoyenneté québécoise
4e année: Quête de sens - Questions existentielles - Amitié et amour
Les relations interpersonnelles et l'inclusion. Le programme de CCQ aborde les relations interpersonnelles et l'inclusion à différents niveaux du primaire. Cet exercice permet donc d'explorer les diverses facettes de ces relations (amitié, famille, relations amoureuses, etc.) et d'amener les élèves à réfléchir sur l'importance du respect, de l'empathie et de l'inclusion dans toutes les formes d'amour.
L'expression des émotions. Le programme de CCQ accorde une place importante à la compréhension et à l'expression des émotions. Cet exercice donne l'occasion aux élèves d'examiner comment ils ressentent l'amour et comment ils l'expriment, en considérant que toutes leurs émotions sont valides.
Les normes sociales et les stéréotypes. L'exercice permet aussi d’aborder les normes sociales et les stéréotypes liés à l'amour, par exemple en examinant la façon dont la société représente les relations amoureuses ou les liens familiaux.
La diversité des expériences. Le programme de CCQ met l'accent sur la diversité des expériences et des points de vue. En discutant de l'amour, les élèves peuvent partager leurs expériences personnelles, comparer leurs points de vue, et prendre conscience de la diversité des sentiments et des manières d'aimer. Ceci peut en outre s'appliquer à toutes les relations (amicales, familiales, amoureuses etc.).
La conscience de soi et des autres. En réfléchissant à leurs propres expériences et émotions liées à l'amour, les élèves développent une meilleure conscience de soi. En écoutant les expériences des autres, ils développent également une meilleure conscience des autres.
Réalisé avec le soutien du