
De grandes émotions au Parlement écolier
Il y a une semaine, une centaine d’élèves de 6e année de partout au Québec a passé la journée à l’Assemblée nationale pour le Parlement écolier. C’est comme une immense pièce de théâtre où les participants jouent le rôle des députés. Eliott, de Trois-Rivières, a ému tout le monde en présentant un projet de loi à la mémoire de son jeune entraîneur de basketball, mort dans un accident de la route. Quant à Raphaëlle, de Montréal, elle a été remarquée pour sa belle performance. Je leur ai parlé de cette journée qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.
C’est quoi le Parlement écolier?
C’est un jeu de rôles d’un jour pour les élèves de 6e année de partout au Québec. Pendant cette journée, 124 jeunes font semblant d’être des députés à l’Assemblée nationale à Québec. La journée se déroule au Salon bleu, la salle où ont lieu les vrais travaux du gouvernement en temps normal. Cette activité, organisée depuis 26 ans, permet aux élèves de mieux comprendre comment fonctionne notre gouvernement.

Eliott au Salon bleu de l'Assemblée nationale lors du Parlement écolier le 3 mai 2024.
À la mémoire de Thomas
Comme tous les élèves du Collège Marie-de-l’Incarnation à Trois-Rivières, Eliott a été profondément secoué quand son entraîneur de basketball de 18 ans, Thomas, a perdu la vie dans un accident de la route, à l’automne. Quelques mois plus tard, c’est avec beaucoup d’émotion qu’il lui a rendu hommage à l’Assemblée nationale. Lors du Parlement écolier, l’élève de 6e année a présenté un projet de loi à la mémoire de Thomas, pour que le drame ne se reproduise pas.
«Le projet de loi s’est imposé par lui-même». Eliott m’explique que c’est madame Marie-Ève, son enseignante, qui en a eu l’idée.
La mort de Thomas aurait pu être évitée s’il avait porté sa ceinture de sécurité. Madame Marie-Ève, Eliott, et ses coéquipiers Laurence, Antoine et Léonie se sont retroussé les manches. Ensemble, ils ont écrit un projet de loi qui obligerait les voitures à être dotées d’un système antidémarrage. Lorsque les ceintures de sécurité ne sont pas attachées, les voitures ne pourraient pas rouler.
«J'étais stressé, stressé, stressé!»
Eliott a été nommé parrain du projet de loi. Cela veut dire que, le 3 mai, il devait défendre le projet, en discuter et l’expliquer devant tout le monde au Salon bleu. C’était stressant? «Pendant la lecture, j'étais concentré sur mon texte, mais avant, j'étais stressé, stressé, stressé! J'ai envoyé une photo à ma mère, j'étais blanc!»
Mais Eliott et son équipe ont bien travaillé puisque le projet a été approuvé avec une forte majorité! Ce n’est pas un vrai projet de loi, mais l’expérience a permis de parler de sécurité routière. La mère de Thomas était présente au Salon bleu: «Elle veut qu’on se souvienne de Thomas et surtout que ça n'arrive pas à d'autres jeunes», m’explique Eliott.

Les participants 2024 du Parlement écolier au Salon bleu de l'Assemblée nationale à Québec.

Raphaëlle, leader de l'opposition du Parlement écolier, dans le Salon bleu de l'Assemblée nationale.
C’est sérieux, le gouvernement!
Parmi les «députés» qui ont voté sur ce projet de loi, il y avait Raphaëlle. Au Parlement écolier, les députés sont divisés en deux groupes: le gouvernement et l’opposition. Raphaëlle, elle, était leader de l’opposition. L’élève de l’école Saint-Benoît, à Montréal, a pris la parole plusieurs fois.
Comment elle a trouvé l’Assemblée nationale? «C’est immense! Et le Salon bleu est vraiment magnifique!»
Qu’est-ce qui l’a le plus surprise? «C’est très sérieux! Je ne pensais vraiment pas que ça allait être aussi sérieux que ça. Il y a des employés qui s'appellent des pages. Ils sont au service des députés et font en sorte qu'ils soient bien: ils remplissent les verres d'eau, ils apportent un stylo si le nôtre casse. Et chaque fois qu'ils tournent le dos au président de l’Assemblée, ils doivent le saluer en inclinant la tête!»
Un autre moment marquant? «Quand mes amies et moi avons découvert notre chambre d’hôtel! Ça a été un moment unique! On était super excitées. C'était drôle à voir!» Eh oui, car les participants au Parlement écolier sont hébergés une nuit à Québec. Ça ajoute à l’expérience!
Participer au Parlement écolier, c’est un travail de plusieurs mois, des midis passés à se préparer en équipe. C’est ensuite une longue journée de débats à l'Assemblée nationale. Ça valait la peine? «Vraiment, vraiment, vraiment!» répond Raphaëlle sans hésiter.
Toi, que penses-tu de la loi proposée par l’équipe d’Eliott?