Quand l’inclusion devient plus qu’une promesse
Leur classe regroupe 10 élèves présentant un trouble DYS accompagné d’un autre trouble affectant l’apprentissage, ainsi que 10 élèves réguliers. Tous apprennent ensemble, dans la même classe et en réalisant les mêmes projets. Une véritable inclusion.
«C’est le principe d’être attendu, espéré et désiré.»
Dans la classe de Rose Laberge et d’Olivier Pépin, cette phrase n’est pas une intention. C’est une posture.
L’union fait la force
Rose n’a pas toujours été orthopédagogue. Elle a d’abord enseigné les arts. Créative et portée par de grandes idées, elle se heurte toutefois aux limites du contexte scolaire. Une conviction demeure: être là pour les élèves. Elle entreprend alors une maîtrise en orthopédagogie, attirée par la recherche de solutions et la compréhension des profils d’apprentissage. Sa créativité prend une nouvelle forme: stratégique et tournée vers l’intervention ciblée.
Pianiste classique à ses débuts, Olivier choisit lui aussi la voie de l’enseignement. Devenu maître formateur en France avant d’arriver au Québec, il est marqué par l’attention que l’on porte ici au bien-être des enfants, notamment ceux qui rencontrent des difficultés.
Leur rencontre unit deux forces complémentaires aujourd’hui au service d’une même classe inclusive.
Une inclusion structurée et assumée
Contrairement à plusieurs modèles où les élèves en difficulté sont retirés de la classe pour recevoir de l’aide spécialisée, dans la classe de Rose et d’Olivier, l’orthopédagogie se vit au cœur du groupe, en coenseignement. Tous les élèves avancent vers les mêmes objectifs d’apprentissage , même si les chemins pour y parvenir peuvent varier.
Les deux enseignants planifient ensemble, interviennent conjointement et ajustent leur enseignement en continu. Madame Jessica, TES, complète l’équipe.
Les élèves travaillent en îlots de trois ou quatre, dans des équipes mixtes, alternant ateliers dirigés et périodes plus autonomes. Les interventions sont fréquentes et intégrées: une explication reformulée, un outil technologique proposé, une stratégie partagée au moment opportun.
Dans ce modèle de classe, les élèves restent exposés aux apprentissages de leur âge tout en bénéficiant d’un accompagnement plus fin.
L’objectif est d’éviter un piège bien connu en éducation: plus un élève éprouve des difficultés, moins il est exposé aux apprentissages de son niveau… et plus l’écart se creuse. C’est ce qu’on appelle l’effet Matthieu.
Une telle organisation exige des ressources humaines, du temps de planification et une réelle volonté institutionnelle. Le Centre de services scolaires de la Pointe-de-l’Île a choisi d’investir dans ce modèle. Un choix courageux qui ouvre aussi une réflexion: et si l’inclusion devenait progressivement une façon d’organiser l’école?
Voir les enfants se redresser
À leur arrivée, plusieurs élèves doutaient et avaient besoin d’encouragements soutenus.
Progressivement, quelque chose change.
Dans cet environnement où chacun a sa place, les élèves développent des forces qu’on voit rarement émerger dans des parcours plus cloisonnés. Ils apprennent à nommer leurs stratégies, à utiliser leurs outils technologiques avec autonomie et à organiser leur pensée pour alléger leur charge mentale.
Les échanges entre pairs deviennent une ressource précieuse. Les élèves s’entraident, expliquent leurs démarches et découvrent que chacun possède une façon différente d’aborder un problème. Peu à peu, ce qui était perçu comme une difficulté devient une manière différente de réfléchir.
Les incertitudes laissent place à une confiance nouvelle. Et les élèves réguliers? Eux aussi grandissent. Ils développent leur capacité à collaborer, à expliquer leur raisonnement et à accueillir la diversité des façons d’apprendre.
Les différences deviennent des forces. «C’est la mixité scolaire notre atout», affirme Rose.
Ici, on démontre qu’avec les bons moyens, l’inclusion peut devenir plus qu’une promesse.
Un grand merci à Rose Laberge et Olivier Pépin pour leur ouverture!
Voici deux articles complémentaires si vous souhaitez poursuivre votre lecture:
- Le projet Barnabé vécu dans la classe DYS
- Un article sur la différenciation, signé Rose
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