La Loi sur les Indiens a 150 ans
LâannĂ©e 2026 marque le 150e anniversaire de la Loi sur les Indiens. MĂȘme si elle est trĂšs vieille, cette loi a encore un impact important sur la vie des Autochtones du Canada. Pour retracer son histoire et mieux la comprendre, jâai parlĂ© avec un spĂ©cialiste des enjeux autochtones, Alexandre Bacon. Il est lui-mĂȘme innu.Â
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Originaire de Mashteuiatsh, Alexandre Bacon travaille comme conseiller pour plusieurs organisations autochtones et pour le gouvernement.
Une loi créée pour contrÎler
La Loi sur les Indiens a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 1876 par le Parlement canadien. Ă cette Ă©poque, le gouvernement canadien voulait contrĂŽler davantage les peuples autochtones et leurs territoires. Mais, bien quâils Ă©taient les principaux concernĂ©s par cette loi, ces peuples nâont pas Ă©tĂ© consultĂ©s.
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«Le but de la Loi sur les Indiens Ă©tait de faire entrer les peuples autochtones dans la sociĂ©tĂ© canadienne, jusquâĂ ce quâil ne reste quâun seul groupe de citoyens», explique Alexandre Bacon.
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Cette loi imposait de nombreuses rĂšgles injustes. Elle a servi Ă crĂ©er les rĂ©serves, oĂč plusieurs communautĂ©s ont Ă©tĂ© forcĂ©es de vivre.
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La loi limitait aussi lâaccĂšs Ă certains services. Par exemple, les Autochtones nâavaient pas le droit dâaller dans des hĂŽpitaux rĂ©servĂ©s aux autres citoyens canadiens.
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Certaines rĂšgles Ă©taient aussi sexistes. Par exemple, une femme autochtone qui Ă©pousait un homme non autochtone perdait automatiquement son statut dâIndienne et devait quitter la rĂ©serve⊠alors que ce nâĂ©tait pas le cas pour les hommes autochtones qui Ă©pousaient une femme blanche.
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La Loi sur les Indiens a aussi instaurĂ© le systĂšme des pensionnats autochtones. Jusquâen 1996, des milliers dâenfants ont Ă©tĂ© forcĂ©s de quitter leur famille pour aller dans ces Ă©coles, souvent loin de chez eux.
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«LâidĂ©e Ă©tait de couper la transmission. Quâon ne puisse plus avoir la prĂ©sence de nos parents pour nous transmettre la langue, nous transmettre la culture», prĂ©cise Alexandre Bacon. Cette pĂ©riode trĂšs difficile a laissĂ© des traces douloureuses jusquâĂ aujourd'hui.Â
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Une loi encore en vigueur
Heureusement, certaines parties de la loi ont changĂ© avec le temps. Par exemple, aujourdâhui, les femmes autochtones qui se marient avec quelquâun hors de leur communauté ne perdent plus leur statut et leurs droits.Â
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Mais la Loi sur les Indiens existe toujours aujourdâhui. Selon Alexandre Bacon, cela a encore des consĂ©quences concrĂštes sur la vie des Autochtones au Canada. Par exemple, le gouvernement fĂ©dĂ©ral garde beaucoup de pouvoir sur plusieurs dĂ©cisions touchant les communautĂ©s.
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«Si je fais un testament, je dois en envoyer une copie au gouvernement fĂ©dĂ©ral. Et la loi prĂ©voit que le gouvernement peut modifier mon testament, s'il le souhaite. MĂȘme aprĂšs ma mort», raconte-t-il. Ce nâest pas le cas pour les allochtones, câest-Ă -dire les citoyens non-autochtones.
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Et pour lâavenir?
Plusieurs personnes pensent que la Loi sur les Indiens ne correspond plus Ă la rĂ©alitĂ© dâaujourdâhui. DĂ©jĂ , tu dois avoir remarquĂ© quâon nâutilise plus le mot «Indien» pour parler des peuples autochtones. Mais pour Alexandre Bacon, il faudrait changer bien plus que le nom de cette loi.Â
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«Si on change le nom sans changer le contenu, câest encore la mĂȘme rĂ©alité», dit-il.
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Selon lui, il faudrait plutÎt remplacer cette loi par une nouvelle, écrite en collaboration avec les PremiÚres Nations, pour mieux reconnaßtre leurs droits et leur donner plus de pouvoir sur leurs territoires et leurs décisions.
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Selon toi, quâest-ce quâune loi respectueuse des peuples autochtones devrait contenir?
