Une nouvelle loi pour protéger les femmes au Québec
Le gouvernement du Québec va adopter une nouvelle loi pour protéger les femmes. On la surnomme la «loi Gabie Renaud», et elle était très attendue. Mais pourquoi porte-t-elle ce surnom? Et que changera-t-elle? Je t’explique.
Trop de victimes
Parfois, des gens qui sont censés s’aimer se font du mal. Dans un couple, quand l’un des partenaires est violent avec son conjoint ou sa conjointe, on appelle cela de la violence conjugale. Ça peut prendre plusieurs formes, comme des insultes, du contrôle, des bousculades et des coups.
Les victimes sont surtout des femmes, et les auteurs des violences sont surtout des hommes. Au Québec, 4 femmes sur 10 disent en avoir vécu, contre 2 sur 10 chez les hommes.
La violence conjugale, c’est un crime. Et c’est puni par la loi. Plusieurs organismes, comme SOS violence conjugale, existent pour aider les victimes à s’en sortir. Mais, malheureusement, beaucoup de gens vivent ces situations en secret.
Quand ça vire au drame
Il arrive parfois que cette violence soit extrême, et qu’un homme tue sa conjointe. Ce sont des cas rares, mais très tragiques. On appelle cela un féminicide.
C’est ce qui est arrivé à Gabie Renaud. Cette femme de 43 ans a été tuée par son conjoint en septembre dernier, à Saint-Jérôme. Il a été arrêté par la police, accusé de meurtre et est en prison en attendant son procès.
Ce que Gabie et ses proches ne savaient pas, c’est que cet homme avait été arrêté 30 fois par le passé, à cause de gestes violents faits sur d’autres femmes. Il avait même déjà passé du temps en prison. Si elle l’avait su, Gabie aurait peut-être pu fuir la situation et se mettre en sécurité.
Une loi pour Gabie et les autres
Gabie Renaud
Gabie Renaud n’est pas seule. Même s’ils demeurent très rares, le nombre de féminicides a augmenté au Québec. Depuis le début de l’année, 10 femmes ont été tuées par leur partenaire. C’est 10 de trop.
Le 13 mai, le gouvernement du Québec a déposé le projet de «loi Gabie Renaud», en sa mémoire, et pour qu’aucune autre femme ne subisse ce qu’elle a vécu. Cette loi va permettre à quelqu’un qui est inquiet pour sa sécurité ou celle de ses enfants de connaître le passé criminel de son conjoint. Normalement, ces informations sont confidentielles. La loi créera donc une exception à la règle.
Quand cette loi entrera en vigueur, toute personne de 14 ans et plus pourra s’adresser à la Sûreté du Québec pour obtenir des informations. Elle pourra aussi demander à quelqu’un de faire la démarche à sa place. Ensuite, un organisme la rencontrera pour lui donner les informations et l’aider à se protéger si elle en a besoin. Les infos devront rester confidentielles, donc ne pas être partagées à d’autres personnes ou sur les réseaux sociaux, par exemple.
Ce projet de loi, c’est l’idée du parti politique Québec solidaire. Il s’est inspiré de lois similaires dans d’autres provinces, comme l’Alberta et la Saskatchewan. Ce combat a aussi été mené par la sœur de Gabie, Rachel. Quand le projet a été déposé, celle-ci a dit, émue: «Ma sœur ne sera pas morte en vain. Il y aura quelque chose de positif qui va ressortir de cet événement-là».
Si tu as besoin d’aide
Si tu vis ou as vu une situation violente, des organismes sont aussi là pour t’aider et t’écouter,:
- Tu peux en parler à un intervenant de l’organisme Tel-Jeunes par téléphone au 1-800-263-2266 et par texto au 514-600-1002
- L’organisme SOS Violence conjugale peut être contacté par téléphone en tout temps, au 1-800-363-9010, ou par clavardage sur son site internet.
L’équipe des As est très touchée par l’histoire de Gabie Renaud. On t’invite à laisser des messages de paix à sa famille et à ses proches dans les commentaires.
