POUR OU CONTRE les écoles privées?
On entend beaucoup parler des inégalités entre les écoles publiques et privées au Québec ces derniers temps. Mardi, le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a publié un rapport au sujet des difficultés rencontrées par les garçons dans les écoles publiques. Et en mars, une enquête nous apprenait que les élèves étaient plus malheureux au public qu’au privé. Que faire? Abolir l’école privée pour offrir les mêmes services à tous les élèves? Ou laisser la liberté aux familles de choisir comme c’est le cas maintenant? Ce n’est pas simple du tout. Regardons les POUR et les CONTRE l’école privée.
Public, privé et programmes particuliers: les «trois vitesses» du réseau scolaire
- Les écoles privées: les parents doivent payer plusieurs milliers de dollars par année pour y envoyer leurs enfants. Le gouvernement aussi donne des sous aux écoles privées, sinon ce serait encore plus cher pour les familles. Il y a des examens d’admission. On y retrouve donc généralement des élèves performants qui viennent de familles plus aisées.
- Les écoles publiques à programme particulier: ces écoles offrent des programmes spécialisés, comme par exemple arts-études, sports-études ou enrichis en langues. Certaines sont gratuites alors que d’autres coûtent quelques centaines de dollars. Mais les programmes particuliers ne sont pas ouverts à tous: les élèves sont sélectionnés, par exemple selon leurs notes, leur talent, des entrevues, etc.
- Les écoles publiques: elles sont gratuites et accueillent tous les élèves sans distinction sur leurs notes ou le budget de leur famille.
Les POUR ✅
Plus exigeant, mais plus stimulant
Puisqu’il faut passer un examen d’admission pour y entrer, les écoles privées accueillent les élèves qui ont les meilleures notes. Par conséquent, les profs peuvent aller plus loin dans la matière. On offre souvent des parcours «enrichis». C’est stimulant pour les élèves plus doués qui peuvent parfois s’ennuyer dans les écoles régulières.
Favorise la discipline
Les écoles privées ont souvent des exigences et des règles plus strictes. Les élèves sont encadrés et il y a un suivi serré sur les notes. Une enseignante au privé m’a confié qu’elle passait moins de temps à gérer des conflits: pas étonnant, quand on sait que les élèves qui ne respectent pas les règles risquent l’expulsion.
Plus de ressources et de services
Parce qu’elles ont plus de sous, les écoles privées peuvent, règle générale, offrir plus de services, d'activités spéciales et de sorties. Les écoles privées sont aussi en meilleur état: les bâtiments sont bien entretenus.
Les CONTRE ❌
Ça coûte cher
Les écoles privées coûtent cher. Il ne faut pas juste payer pour l’année de cours, il y a aussi souvent l’achat d’une tablette ou d’un ordinateur, les livres, l’uniforme, etc. Bref: ce n’est pas accessible à tout le monde. C’est injuste que les familles les plus riches aient accès à un enseignement enrichi, à plus d’encadrement, à plus de ressources. Tout le monde devrait avoir la même chance.
Ça creuse les inégalités
Avec l’école à trois vitesses, un bon nombre d'élèves plus forts vont au privé ou dans les programmes particuliers, tandis que les élèves moins riches ou moins performants se retrouvent pour la grande majorité dans les écoles publiques. Il faudrait mélanger les élèves forts et les élèves ayant des difficultés pour équilibrer tout ça. Même que ça aiderait les élèves plus faibles. C’est ce que recommande Gabriel Nadeau-Dubois.
L’argent devrait aller au public
Les écoles privées reçoivent de l’argent du gouvernement. Cet argent vient de tous les citoyens québécois qui paient des impôts. Mais ce n’est vraiment pas toutes les familles qui ont les moyens de payer l’école privée. Résultat: tous les Québécois paient pour quelque chose dont juste une minorité profite! C’est injuste. L'argent du gouvernement devrait servir à améliorer le réseau public, qui est ouvert à TOUS les élèves. Si les écoles publiques étaient mieux financées, elles pourraient aussi offrir plus de services.
Toi, es-tu pour ou contre l’école privée?
