Des archéologues découvrent une étrange structure au fond du Saint-Laurent
C’est une grosse nouvelle pour l’archéologie au Québec! Une grande structure de pierre a été découverte au fond du fleuve Saint-Laurent, près de Montréal. Après plusieurs plongées et beaucoup de recherches, on sait maintenant de quoi il s’agit et c’est TRÈS vieux! J’ai parlé avec Aimie Néron, archéologue subaquatique (c’est-à-dire sous l’eau!) qui m’a TOUT révélé!
Aimie, c’est toi qui as découvert la structure avec ton équipe. C’est quoi?
C’est un piège à poissons construit par les Autochtones il y a 1200 ans! Donc, bien avant l’arrivée des Européens au Canada. C’est très vieux!
C’est quoi un piège à poissons?
Un piège à poissons est une construction faite avec des pierres placées dans l’eau. Les pierres forment un genre d’enclos. Les poissons y entrent et restent coincés, ce qui permet de les attraper plus facilement pour se nourrir. Dans le cas du piège découvert près de Montréal, les autochtones se rendaient au piège en canot.
Raconte-moi comment vous l’avez découvert.
La ville de Montréal veut agrandir son port. Quand de gros chantiers comme ça sont prévus, on demande à des archéologues de faire ce qu’on appelle de l’archéologie préventive. C’est-à-dire qu’on fait des fouilles pour vérifier si des vestiges archéologiques risquent d’être touchés par les travaux.
Le piège vu des airs
En 2024, on a demandé à mon équipe de l’Institut de recherche en histoire maritime et archéologie subaquatique (IRHMAS) d’étudier une zone près du futur port. C’est à ce moment-là qu’on a repéré une forme étrange. Ça ressemblait un peu à une épave de bateau. On a décidé d’aller plonger.
Vous avez-vu quoi?
C’était clair que ce n’était pas une épave du tout. C’était une immense structure de pierres, ovale, d’environ 38 mètres de long (l’équivalent de 3 autobus scolaires!). C’était clairement une construction humaine: les pierres avaient été placées là volontairement.
Comment avez-vous su que c’était un piège à poissons?
On a consulté des collègues spécialisés en archéologie préhistorique et autochtone. Tous nous ont dit la même chose: ça ressemblait énormément à un barrage ou à un piège à poissons. Ensuite, un aîné autochtone nous a confirmé que cette technique de pêche faisait partie des savoirs traditionnels autochtones.
Vue sous-marine d’une partie du piège. Avec leurs yeux d’experts, les archéologues ont conclu que ce sont des humains qui ont empilé les pierres dans le fleuve. Certaines roches mesurent un mètre de large.
Il vous restait à trouver quand il avait été construit?
Oui. Pour que le piège soit utile et que les poissons y restent pris, il ne doit pas être trop profondément sous l’eau. Alors, on a regardé comment le niveau du fleuve Saint-Laurent avait changé au cours des siècles. On a remonté dans le temps. La dernière fois que le Saint-Laurent était au bon niveau pour le piège, c’était il y a environ 1200 ans.
Est-ce qu’on sait qui l’a construit?
Pas précisément, mais sur les rives dans le secteur où se trouve le piège, il y a plusieurs sites archéologiques associés aux Iroquoiens du Saint-Laurent. On sait que la pêche occupait une place importante dans leur mode de vie. On a aussi trouvé des fragments de poterie autochtone datant de la même période.
Pourquoi cette découverte est importante?
C'est vraiment une découverte unique. C'est le premier site archéologique autochtone préhistorique sous-marin au Québec.
Le piège nous rappelle aussi l’importance des connaissances ancestrales qui sont transmises de génération en génération chez les peuples autochtones. C’est un aîné autochtone qui nous a expliqué les particularités de la structure. On croyait que certains trous étaient des signes de dommages. Il nous a dit qu’au contraire, ça faisait partie du fonctionnement du piège: c’est par là que les poissons entraient. Sans ses connaissances, certains détails nous auraient peut-être échappé!
Toi, as-tu déjà pêché? As-tu attrapé un poisson? Raconte!
