Le Sénégal double les peines de prison pour les homosexuels
Au Canada, l’homosexualité est tout à fait légale. Tu as le droit d’aimer qui tu veux. Mais encore aujourd’hui, ce n’est pas le cas partout dans le monde. Le Sénégal, un pays en Afrique, vient d’adopter une nouvelle loi qui punit sévèrement l’homosexualité. Là-bas, les membres de la communauté LGBTQ+ risquent de grosses amendes, et même la prison. Voici ce qui se passe.
Une loi plus sévère qu’avant
Au Sénégal, l’homosexualité est décrite comme un «acte contre nature». Être une femme et aimer une femme, ou être un homme et aimer un homme, c’était déjà interdit et punissable dans ce pays. Mais le 11 mars dernier, le gouvernement sénégalais a voté pour durcir ces punitions.
Désormais, une personne homosexuelle risque la prison pendant 5 à 10 ans. Cette personne pourrait aussi devoir payer une amende allant jusqu’à 25 000$.
Le président du Sénégal, Ousmane Sonko
C’est Ousmane Sonko, le premier ministre du Sénégal, qui a proposé cette loi. 135 députés ont voté pour, 3 ont choisi l’abstention, et aucun n’a voté contre.
Les autres cibles de la loi
Cette loi interdit aussi de soutenir, de financer et de faire la promotion de l’homosexualité. Qu’est-ce que ça veut dire? En fait, c’est le moyen, pour le gouvernement, de cibler les organismes qui défendent les droits de l’homme. Interdit, donc, d’aider la communauté LGBTQ+, sous peine de passer 3 à 7 ans en prison.
Cette loi met aussi en danger la liberté de la presse. Car est-ce que dénoncer cette nouvelle loi dans un texte, ou faire des reportages sur la communauté LBGTQ+, c’est «faire la promotion de l’homosexualité»? Les journalistes et les chroniqueurs pourraient se censurer pour éviter les problèmes.
Inquiétudes et fuite
Au Sénégal, cette loi fait très peur aux membres de la communauté LGBTQ+. Parce qu’en plus de risquer la prison, ils sont victimes de gestes violents de la part de la population. Un témoin anonyme a dit ceci à une journaliste de l’Agence France-Presse: «Les personnes se cachent beaucoup plus qu’avant».
L’Agence France-Presse a aussi parlé à des organisations qui aident les Sénégalais homosexuels à quitter le pays. «Tous ont peur d’être arrêtés et beaucoup craignent pour les atteintes à leur vie privée», a expliqué Terrence Khatchadourian, qui travaille pour l’association STOP Homophobie.
La journaliste a rencontré des militants qui aident les Sénégalais à se rendre dans le pays voisin, la Gambie. «La situation est dramatique», lui ont-ils confié.
L’ONU réagit
Les organisations de défense des droits humains comme l’ONU sont très inquiètes de la situation. Cette loi ne respecte pas du tout les droits de la personne. Volker Türk, responsable des droits de l’Homme à l’ONU, a demandé que la loi soit retirée.
Le Sénégal n’est pas le seul pays à pénaliser l’homosexualité. Encore aujourd’hui, dans 12 pays, c’est un crime qui peut être puni par la peine de mort.
Et toi, étais-tu au courant qu’il existait des lois aussi sévères dans le monde? Comment est-ce que ça te fait sentir?
Sources: Agence France-Presse, BBC
