Rencontre Dice, le porte-parole du Mois de l’histoire des Noirs!
Depuis 35 ans, chaque mois de février, le Québec célèbre le Mois de l’histoire des Noirs. Et cette année, ce mois très spécial est représenté par un porte-parole très spécial: l’artiste, militant et animateur de radio Dice, qui a aussi travaillé avec les jeunes (presque) toute sa vie! Je l’ai rencontré pour parler de racisme, d’entraide… et de ce que ça fait dans la vie, un porte-parole!
Salut Dice! Dis-moi, c’est quoi le rôle d’un porte-parole?
C’est de parler aux gens, de donner des entrevues, comme en ce moment! Le but, c’est de faire connaître le plus possible le Mois de l’histoire des Noirs.
Pourquoi est-ce qu’il existe un mois de l’histoire des Noirs?
C’est une occasion pour apprendre à se connaître. Quand j’étais à l’école, le seul moment où l’on parlait de l’histoire des Noirs, c’était quand on parlait de l’esclavage. C’est triste!
Et ça permet d’avoir des conversations importantes. De parler du racisme systémique, même si ça ne tente pas à beaucoup de gens. C’est un moyen de donner un choc électrique pour qu’on parle de ces choses-là!
Tu es né en Haïti et tu es arrivé au Québec quand tu étais très très jeune. Peux-tu me raconter un peu ton expérience?
Moi, je viens de la génération où on demandait aux immigrants de s’intégrer. C’est comme si on me disait «Oublie-toi, deviens nous». C’est très mauvais pour n’importe quelle personne. Tu te perds. Comment veux-tu comprendre qui tu es? Et finalement, tout ce que j’ai appris sur moi-même, je le dois aux artistes noirs américains. Par exemple, j’ai entendu parler de Martin Luther King à travers le rap!
Même aujourd’hui, je pense qu’il y a encore du chemin à faire. Surtout quand on nous demande: «Tu viens d’où? Non… tu viens d’où pour de vrai!».
Tu travailles avec et pour les enfants et les ados. Les jeunes à qui tu parles, est-ce qu’ils vivent encore du racisme?
Oui. En général, ils vivent du racisme de la part de gens qui ont de l’autorité dans la société, comme les policiers. Ils vivent aussi beaucoup de microagressions. Ça, c’est quand tu te fais dire quelque chose qui n’est pas directement raciste, mais qui repose sur des préjugés. Comme quand une personne qui n’est pas blanche, mais qui est née ici, se fait dire: «Wow, tu parles bien français»… alors que c’est sa langue maternelle.
C’est quoi ta façon préférée d’aider les jeunes?
Quand j’étais intervenant jeunesse, j’utilisais beaucoup la musique pour aider les jeunes à s’exprimer. J’organisais des spectacles et j’ai même fait venir des vedettes du rap français à notre maison des jeunes!
Quels sont tes conseils aux victimes de racisme?
Rappelle-toi ceci: si la personne qui est méchante avec toi n’a pas un vrai pouvoir sur toi, c’est juste des mots. Mais si ça vient d’un adulte en position d’autorité, comme un surveillant à l’école, par exemple, prends ça au sérieux. Note ce qui a été dit ou fait, et quand, puis parles-en à tes parents. La chose à ne pas faire: réagir violemment.
Comment est-ce que les gens qui ne sont pas Noirs peuvent être des alliés?
En s’éduquant sur la réalité des personnes noires, en commençant par les gens autour de soi. Si tu as un ami qui est noir, essaie de comprendre sa réalité, et tu pourras être son allié à lui. Les meilleurs alliés sont ceux qui comprennent vraiment la position de l’autre, sans juger ou sans dire des choses comme «Bin non, tu exagères!».
Comment est-ce qu’on peut célébrer le Mois de l’histoire des Noirs?
En apprenant quelque chose de nouveau sur ces communautés! Par exemple, tu peux lire des livres écrits par des auteurs noirs, ou voir s’il y a des activités gratuites organisées près de chez toi pendant le mois.
Et toi, cher As, si tu devais être porte-parole pour une cause, laquelle choisirais-tu?
