«Dehors ICE!» La population de Minneapolis se mobilise
La population de Minneapolis, une ville du Minnesota aux États-Unis, en a assez de la police de l’immigration (ICE) qui sème le chaos dans ses rues. Samedi, un deuxième manifestant a été tué en trois semaines par ces agents du gouvernement. Malgré la peur et le froid, les Minnéapolitains (les habitants de Minneapolis) continuent de réclamer haut et fort le départ de ICE. Voici les dernières nouvelles.
Un rappel: Qu’est-ce que ICE?
C’est le nom de la police de l’immigration, aux États-Unis. Avant d’être élu, le président des États-Unis, Donald Trump, a promis d’expulser du pays des millions d’immigrants. Depuis qu’il est au pouvoir, il a donc donné beaucoup d’argent à ICE. Il a aussi envoyé ces agents armés dans de grandes villes partout au pays pour arrêter des personnes immigrantes.
Mais les interventions de ICE sont très critiquées, car elles sont souvent violentes, et ciblent régulièrement des personnes qui n’avaient rien à se reprocher. Beaucoup de manifestations anti-ICE sont organisées pour dénoncer ces opérations.
Une triste histoire qui se répète
Cela fait plus d’un mois que les agents de ICE font des arrestations à Minneapolis. La population est en colère. Samedi, malgré une température de -30 degrés Celsius, une grande manifestation contre ICE a eu lieu. Des centaines de commerces étaient fermés pour protester.
Alex Pretti
Mais un drame est arrivé: Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, a été abattu par ICE.
C’est la deuxième personne tuée par ces agents à Minneapolis en très peu de temps. On t’a parlé de Renee Good, cette mère de famille qui a aussi perdu la vie le 8 janvier. Encore une fois, deux versions contradictoires des événements ont tout de suite circulé:
- Donald Trump et son équipe ont déclaré qu’Alex Pretti était armé, qu’il était un terroriste et qu’il s’apprêtait à commettre un massacre. Selon eux, les agents de ICE ont agi par légitime défense, c’est-à-dire qu’ils ont abattu le manifestant car leur vie était menacée.
- Les vidéos et les témoins racontent une autre histoire. L’infirmier filmait les agents avec son téléphone. Il a essayé d’aider une femme qui venait d’être brutalement poussée par ICE. Il avait bien une arme sur lui, mais pas dans ses mains. Il faut savoir qu’aux États-Unis, les citoyens ont le droit de posséder une arme. Alex Pretti avait un permis pour porter la sienne. Mais à aucun moment, il ne l’a montrée. Il a été désarmé par les agents alors qu’il était au sol, puis il a été atteint de plusieurs balles.
C’est assez!
La version du gouvernement a tout de suite été qualifiée de «mensonges» par de nombreuses personnes. Le gouverneur de l’État du Minnesota, Tim Walz, a réclamé le départ de ICE. Sur les réseaux sociaux, les anciens présidents américains Barack Obama et Bill Clinton ont aussi critiqué les gestes du gouvernement de Donald Trump. Même des membres de son parti, le Parti républicain, ont exprimé leur désaccord.
Dimanche et lundi, des milliers de personnes sont retournées dans les rues pour manifester. On assiste aussi à une grande vague de solidarité. Pour éviter que leurs voisins soient arrêtés par ICE, des habitants s’organisent. Par exemple, ils utilisent des sifflets pour signaler la présence de voitures appartenant à ICE. Il y a aussi des citoyens américains qui font des courses pour les personnes immigrantes qui ont peur de sortir de leurs maisons, et qui amènent leurs enfants à l’école.
Un retour au calme?
Lundi en fin de journée, le ton de Donald Trump s’est adouci. Le président dit maintenant que la mort d’Alex Pretti est une «tragédie». Il a discuté avec le gouverneur de l'État du Minnesota et le maire de Minneapolis. Celui-ci a ensuite déclaré que les agents de l’immigration allaient commencer à quitter la ville.
Selon les observateurs, ils souhaitent tous apaiser les tensions.
As-tu été témoin d’un geste de solidarité dernièrement? Ou as-tu toi-même été généreux? Raconte!
Sources: La Presse, Radio-Canada, Agence France-Presse
