11 septembre 2001: Un journaliste témoin des attentats nous raconte
Le 11 septembre 2001 est un jour dont tes parents et tes profs se rappellent très certainement. Ce matin-là, des terroristes à bord d’avions ont foncé dans deux tours, le World Trade Center, dans la ville de New York, aux États-Unis. Cet attentat a causé la mort de près de 3000 personnes et entraîné une longue guerre au Moyen-Orient. Pour souligner les 25 ans de ce terrible événement, j’ai parlé avec Claude Deschênes, l’un des premiers journalistes à couvrir l’événement à la télé au Canada. Et son histoire est très particulière: Claude était déjà à New York… par hasard! Voici notre entrevue.
Bonjour Claude! Que faisais-tu à New York le 11 septembre 2001?
Moi, je suis un journaliste culturel. J’étais là pour couvrir un spectacle pour la chaîne Radio-Canada. Mon patron m’a demandé de rester un peu plus longtemps pour parler d’artistes québécois qui venaient à New York.
Où étais-tu quand le premier avion a frappé une tour?
Le 11 septembre, à 8h45, mon collègue caméraman André Grégoire et moi, on revenait de déjeuner et on a vu passer un avion très, très bas. Il faisait un bruit anormal. Quelques secondes plus tard, il frappait le World Trade Center. Mais ça, on ne l’a pas vu, parce que les autres édifices bloquaient la scène.
Je l’ai su quand je suis rentré dans ma chambre et que ma blonde m’a appelé pour me l’annoncer. Et tout de suite après, mon patron m’a appelé pour me demander de me rendre sur place le plus rapidement possible. Alors, on a pris nos caméras très lourdes et on est partis. Et c'est dans le taxi vers le World Trade Center qu'on a appris qu'un deuxième avion avait foncé dans l’autre tour.
À ce moment-là, à quoi tu pensais?
Je pensais à faire mon travail! Je n’ai jamais vécu un moment court aussi long: tout était au ralenti, mais en même temps il se passait tellement de choses. Je voyais les deux tours et la fumée noire qui en sortait et j’entendais le bruit assourdissant des sirènes.
Quelques minutes après la deuxième attaque, j’étais en direct à la télé pour raconter ce que j’avais vu.
Claude (à droite) en direct à Radio-Canada, à New York, le soir du 11 septembre 2001.
Avais-tu peur?
Non. Il n'y avait pas de danger que je sois menacé. Mon caméraman nous a empêchés d’aller trop près. D’où on filmait, on voyait les deux tours au bout de la rue. J’avais juste peur de pleurer à la télé! Parce que je suis un gars sensible.
Est-ce qu’il y a un témoignage auquel tu penses toujours aujourd’hui?
Oui, c’était au moment où tout le monde fuyait les lieux. On est tombé sur un jeune homme près de l’Université de New York, qui était debout sur une boîte de lait. Il tenait une affiche qui disait «câlins gratuits». Et les gens les prenaient. C'était magnifique, parce que tu dis: «Ah, il y a de l'humanité quelque part dans tout ça».
Cette photo a été prise le 19 septembre, quand des secouristes menaient des recherches dans les débris des tours.
Pour les enfants qui n'étaient pas nés quand ça s'est passé, peux-tu expliquer pourquoi on parle encore du 11 septembre 2001, 25 ans plus tard?
Le monde a changé ce jour-là. La sécurité a été renforcée dans les aéroports, il y a eu la guerre en Afghanistan, puis en Irak. Et les images ont marqué beaucoup de gens. Le lendemain, on se sentait tous solidaires avec les Américains.
Un mot de la fin pour nos As?
Un conseil: toujours s’attendre à être surpris, et avoir foi en la vie, que les choses continuent.
Moi, j'étais à l'école primaire quand ce terrible événement a eu lieu. Et je me souviens très bien que ma prof avait allumé une télé pour qu'on puisse écouter Radio-Canada et s'informer sur la situation. Et toi, as-tu déjà regardé un événement très important à la télé, avec ta classe?
