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Les As du climat
Photo Eric Risberg, Associated Press

Les tomates ancestrales viennent dans toutes sortes de formes et de couleurs!

Les super-pouvoirs des semences ancestrales

Publié le 30 avril 2026 à 10h00
Les As du climat
Avatar de l'utilisateur Ophélie Delaunay
Ophélie Delaunay

Le printemps est enfin arrivé! C’est le moment de mettre les mains dans la terre pour faire pousser des semis qui donneront de délicieux légumes. Une idée de plus en plus répandue consiste à planter des semences ancestrales dans nos potagers. Pourquoi? Parce que ces variétés de fruits et de légumes que nos ancêtres cultivaient pourraient être plus résistantes face aux changements climatiques. Sors tes gants de jardinage, on va faire germer ce sujet.

 

Des fruits et légumes disparus

Le melon d’Oka, le concombre de tante Alice, la tomate Plourde, le haricot Thibodeau, la pomme de terre «crotte d’ours»… toutes sortes de fruits et légumes aux noms étonnants étaient cultivés au Québec il n’y a pas si longtemps. Mais on ne les trouve presque plus dans nos champs et encore moins à l’épicerie. 

 

Pourquoi? Parce que, pendant le 20ᵉ siècle, l’agriculture industrielle s’est beaucoup développée. Et les semences traditionnelles ont été remplacées par des variétés plus faciles à cultiver en très grande quantité. 

 

Imagine: 90 % des variétés de plantes cultivées pour l’alimentation ont disparu de la surface de la Terre depuis le début des années 1900 ! Ça signifie qu’aujourd’hui, une grande partie de la nourriture mondiale provient d'un très petit nombre d'espèces. Ça pose plusieurs problèmes:

 

👎 Si on cultive une seule sorte de patate, par exemple, et que cette sorte est atteinte par une maladie ou un insecte, des cultures entières pourraient être détruites. Ça rend vulnérable aux pénuries.

👎 Quand des espèces cultivées disparaissent, c’est une partie de notre histoire qui disparaît: plus jamais on ne pourra déguster ces fruits et légumes ou reproduire les recettes de nos ancêtres. 

 

À la rescousse!

Heureusement, des passionnés d’agriculture, comme Bernard Lavallée, le nutritionniste urbain, ont décidé de passer à l’action. Ils distribuent ou vendent des variétés très anciennes de fruits et légumes québécois pour éviter qu’elles disparaissent.

 

Ces semences ancestrales ont plusieurs avantages:

 

💪 elles sont mieux adaptées à notre climat, sont plus robustes et de meilleure qualité

🐝 elles plaisent aux pollinisateurs qui aident à la productivité du potager

🌾 on peut récupérer leurs graines pour les replanter l’année suivante et obtenir de bons résultats (ce n’est pas toujours le cas des variétés industrielles)

🐛les cultiver permet d’avoir une plus grande diversité d’aliments, et donc de mieux résister aux espèces nuisibles qui font leur apparition avec le réchauffement climatique

💙 elles permettent de redécouvrir des aliments anciens et de préserver notre histoire agricole

 

Des banques pour protéger les graines

C’est une autre solution impressionnante: dans de nombreux pays, des semences sont entreposées dans des «banques de graines». Au Canada, il en existe une à Saskatoon, en Saskatchewan. Elle conserve plus de 110 000 sortes de semences canadiennes.

 

Mais il existe une banque de graines qui contient des semences venant du monde entier: la Réserve mondiale de semences du Svalbard. Il s’agit d’une forteresse souterraine creusée à 120 mètres de profondeur, dans une montagne de l’île norvégienne du Spizberg. 

 

Son objectif: abriter une copie des collections provenant de 1 700 banques de semences à travers le monde. Elle permet ainsi de protéger les cultures les plus importantes, comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et d’éviter leur disparition en cas de problème dans une autre banque de graines. Des semences canadiennes y sont entreposées, notamment certaines variétés de blé cultivées au pays dans les années 1800.

 

Photo Subiet, Wikimedia Commons

La Réserve mondiale de semences du Svalbard a été conçue pour résister aux catastrophes comme les tremblements de terre, les incendies, la montée des océans et le terrorisme.

Photo Gabriel ebso, Wikimedia Commons

Des graines gratuites dans les bibliothèques

Savais-tu qu’il est possible de se procurer des semences gratuitement dans des grainothèques? On en trouve dans plusieurs bibliothèques de Montréal un peu partout au Québec.

Le principe: on «emprunte» des semences, on les cultive, puis on rapporte les nouvelles graines obtenues pour que quelqu’un d’autre puisse les utiliser. C’est un beau geste de partage! Et, en plus de ça, les graines qu’on y trouve proviennent souvent de notre quartier, elles sont donc adaptées au climat de la région.

Est-ce que dans ton école ou avec ta famille vous cultivez des fruits ou des légumes? Lesquels?

Cet article a été produit grâce à une collaboration avec le  

et la participation financière du  

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