Entrevue: La directrice de la DPJ veut du changement!
Tu as peut-être déjà entendu ces trois lettres: «DPJ». Il s’agit de l’acronyme de la Direction de la protection de la jeunesse du Québec, une organisation qui aide les enfants et les adolescents qui ne sont pas en sécurité dans leur famille. Et la DPJ est en train de se transformer. J’ai donc demandé à sa directrice, Lesley Hill, de t’expliquer ces grands changements.
Bonjour, Mme Hill. D’abord, à quoi sert la DPJ?
Parfois, des parents ou d’autres adultes ne vont tellement pas bien qu’ils font vivre de la violence ou de la négligence aux jeunes. Ils peuvent, par exemple, leur donner des coups, ou les priver de nourriture. Alors, on a besoin d'aller travailler avec ces parents-là pour les aider. Et pendant ce temps, on protège le jeune.
Comment savez-vous qu’un enfant ou un ado ne va pas bien?
Quand quelqu’un s’inquiète pour le bien-être d’un enfant, il nous appelle. Ça peut être l’école, la garderie, un voisin, ou l’enfant lui-même.
Qu’est-ce qui est le plus signalé?
Ce qu'on voit souvent, ce sont des enfants qui sont négligés. Ça veut dire que leurs parents ou tuteurs ne s’occupent pas bien d’eux. Par exemple, un jeune qui n’a jamais de lunch à l’école, ou qui n’a pas de vêtements d’hiver, qui est laissé tout seul à la maison.
Vous venez de faire des changements à la DPJ. Qu’est-ce qui est différent?
Plein de choses! La première, c’est qu’on veut aider les parents plus rapidement quand ils ne vont pas bien. Plus on les entoure, plus on corrige leurs problèmes, plus les enfants vont aller bien.
On va aussi faire en sorte que les services travaillent mieux ensemble. On veut que l’école travaille avec l’hôpital, avec les gens de la DPJ, par exemple.
Parfois, malgré tout ça, des enfants sont obligés de quitter leur maison pour un certain temps, parce que les problèmes sont trop gros et qu’ils sont en danger. Certains jeunes sont placés dans des centres jeunesse qui ressemblent à des écoles, pas à des maisons. Mais je ne veux plus qu’il y ait d’enfants de moins de 12 ans dans ces endroits. On veut qu’ils aillent vivre avec quelqu’un de chaleureux, de stable, qui va les aider à aller mieux.
Est-ce que les jeunes ont été consultés?
Oui, on a parlé avec des ados qui vivent dans des centres jeunesse. Ils nous ont dit ce qui était le plus important pour eux. Une adolescente a dit quelque chose qui m’a marquée: «Il faut arrêter de nous aider à guérir du passé, il faut nous aider à bâtir l'avenir». Ce qu’elle voulait dire, c’est qu’elle aimerait qu’on se concentre moins sur les problèmes, et qu’on les aide à avoir une vie normale, qu’on les aide à se projeter dans le futur.
Comment agir avec un élève de notre école qui reçoit l’aide de la DPJ?
Offrez-lui votre amitié, votre écoute et votre compréhension. Parce que les enfants qui vivent des situations difficiles à la maison ont encore plus besoin d'amis que les autres. Et ce qu’ils vivent n’est pas de leur faute!
Et toi, cher As, que souhaites-tu pour les enfants de la DPJ?
