Shushan et Connor te parlent de la Journée de la vérité et de la réconciliation
Le 30 septembre, c’est la Journée de la vérité et de la réconciliation. C’est une journée pour se souvenir des enfants autochtones qui ont été envoyés dans des pensionnats, et pour réfléchir à la façon dont on peut mieux se comprendre et avancer ensemble.
Pour cette occasion, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes autochtones. Je leur ai posé deux questions: que représente le 30 septembre pour elles? Et comment les jeunes peuvent-ils participer à la réconciliation? Voici les réponses de deux d'entre elles!
Connor Lafortune
Connor Lafortune a 25 ans et fait partie de la Première Nation de Dokis, en Ontario. C’est un écrivain, un poète et un musicien, qui utilise l’art pour parler des enjeux qui lui tiennent à cœur.
Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?
En tant que personne Anishnaabek, le 30 septembre est pour moi une journée de repos. Chaque année, je me retrouve dans la forêt, au sein de la communauté ou parmi d'autres personnes autochtones. Je prends le temps de m'éloigner de mon travail et de mon quotidien pour participer à la vie de ma communauté. Il peut s’agir, par exemple, d’une journée de célébrations, de deuil ou de renouvellement.
Pour les personnes non autochtones, je crois que cette journée est une occasion d’apprendre et de remettre en question certaines idées.
Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?
Les enfants peuvent participer à la réconciliation en portant un chandail orange le 30 septembre, en posant des questions sur les communautés autochtones aux adultes en qui ils ont confiance et en faisant preuve de bienveillance.
Je crois aussi qu’ils peuvent devenir de bons alliés en privilégiant le respect, en comprenant les différences de chacun et en encourageant leurs enseignants et leur famille à s'intéresser aux enjeux autochtones!
Shushan Bacon
Shushan Bacon est une journaliste innue qui a vécu une grande partie de sa vie sur la Côte-Nord du Québec. C’est une amie des As! Pour plusieurs personnes autochtones, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation peut être un moment difficile, qui fait remonter des souvenirs plus douloureux. C’est le cas de Shushan. Elle a généreusement accepté de m’expliquer pourquoi.
Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?
Le 30 septembre, je me permets de poser ma hache de guerre. Pendant 364 jours par année, je raconte des histoires, je vais à la rencontre des gens et je parle des enjeux qui touchent les Premières Nations. Mais cette journée-là, je me permets d’être vulnérable.
Mes parents ont fréquenté des pensionnats et ma famille a souffert des conséquences de la Loi sur les Indiens.
Ça laisse des blessures, même pour moi. Je crois que la vérité, c’est aussi de ne rien cacher et de me permettre de ressentir de la peine. Cette journée-là, la guerrière est en pause.
Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?
Pour être un bon allié, je dirais d’abord de s’informer et de poser des questions. Je pense aussi que c’est important d’être ouvert aux différences et de prendre le temps d’aller à la rencontre des autres.
Par exemple, s’il y a un jeune Autochtone dans ta classe, tu peux faire équipe avec lui et apprendre à mieux le connaître. Même apprendre à bien prononcer les noms des personnes, c’est une petite façon de montrer du respect!
Reviens demain pour découvrir les témoignages de deux autres personnalités autochtones!
Et toi, comment ta classe ou ton école souligne-t-elle cette journée?
