Émile Roy a passé 21 jours en Amazonie pour son film L’Ère du feu
Le jeune réalisateur québécois Émile Roy adore raconter des histoires à travers ses films. Cette passion lui est venue vers l’âge de 10 ans et, depuis, il n’a jamais arrêté! Pour son nouveau film, L’Ère du feu, il est parti en Amazonie. Son but? Découvrir comment les changements climatiques transforment la vie des peuples qui vivent dans cette forêt précieuse d’Amérique du Sud. J’ai eu la chance de lui parler lors de la toute première du film. Prends ton micro: on part à sa rencontre!
Bonjour Émile! Pourquoi as-tu choisi de faire un film en Amazonie?
Micha Jam et Émile Roy lors de la première projection de L’Ère du feu.
La première raison, c’est que j’ai une bonne amie, Micha Jam, qui étudie les peuples autochtones d’Amazonie. Elle m’a proposé de les rencontrer pour parler des feux de forêt.
La seconde, c’est que ce lieu est magnifique et mystérieux. Tout ce qu’il y a de plus beau de la vie sur Terre est concentré dans cet endroit-là.
La troisième, c’est que la forêt amazonienne est vraiment importante pour tous les habitants de la planète et pour le climat. Elle produit beaucoup d’humidité, c’est un gigantesque climatiseur qui refroidit l’air, elle stocke aussi le carbone comme une éponge. Malheureusement, cette précieuse forêt est en danger et j’avais envie d’en parler.
À quoi ressemble l’Amazonie?
On pourrait dire qu’il y a deux Amazonie. Celle avec une jungle encore intacte et protégée au nord du Brésil et de la Colombie, du Pérou… On y trouve des arbres immenses aux troncs énormes. Il y a aussi des animaux incroyables comme les aras, de magnifiques perroquets rouges, des jaguars, des tortues venimeuses, des alligators…
Dans la forêt amazonienne, la végétation est luxuriante et il y a toutes sortes d’animaux… incluant des nuages d’insectes très bruyants et qui nous piquent en permanence. 🦟
Dans l’autre partie, au sud, on a coupé beaucoup d’arbres. Résultat: c’est presque le désert. Il n’y a que des champs où on élève des bœufs et où on cultive du soja pour nourrir ces animaux.
En Amazonie, l’équivalent d’un terrain de football de forêt est coupé toutes les 11 secondes! On estime que, depuis 40 ans, 20% de sa superficie a disparu. C’est 800 000 kilomètres carrés.
Avec qui t'es-tu rendu là-bas?
J’y suis allé avec Micha. Comme elle parle très bien le portugais, la langue utilisée dans cette région de l’Amazonie, elle était ma traductrice. Il y avait aussi Kuaimbú, un jeune caméraman de la communauté Uru-Eu-Wau-Wau qui vit là-bas.
Micha, Kuaimbú et Émile ont passé 21 jours ensemble en Amazonie.
Quels sont les impacts des changements climatiques dans cette région?
En Amazonie, les changements climatiques sont très visibles: il fait de plus en plus chaud et sec, les rivières manquent d’eau, le nombre de tempêtes augmente, les feux de forêt sont de plus en plus intenses et l’air est très souvent rempli de fumée. C’est dur pour les gens qui vivent là. Ils ont très chaud et ils ont parfois du mal à respirer.
Certains jours, les enfants d’Amazonie ne peuvent pas se rendre à l’école parce qu’il fait trop chaud ou parce qu’il n’y a pas assez d’eau dans la rivière pour y aller en bateau.
En plus de ça, de très grosses entreprises coupent des arbres et mettent le feu à la végétation pour «nettoyer le terrain». Pourquoi? Pour élever des bœufs et ensuite les vendre partout dans le monde. À cause de cette déforestation, des peuples autochtones perdent leur territoire et les changements climatiques accélèrent!
Kuaimbú prend la pose au milieu d’un terrain qui était recouvert de forêt il n’y a pas si longtemps.
Y a-t-il une personne rencontrée pendant le tournage dont tu te souviens particulièrement?
Absolument! C’est Sidomar. C’est un agriculteur qui vit en harmonie avec la nature dans une petite ferme avec sa famille. Le territoire sur lequel il habite est protégé, mais une très grande partie a été déforestée illégalement. Malgré tout, il ne veut absolument pas quitter cette terre qu’il aime. Sa petite ferme, c'est un peu comme le village gaulois d’Astérix qui résiste aux envahisseurs!
Que peut-on faire pour protéger l’Amazonie?
Il y a beaucoup de solutions. En Amazonie, il y a des organismes qui replantent des arbres. C’est aussi important de protéger ses peuples traditionnels, car ils savent comment vivre et produire de la nourriture en harmonie avec la nature.
Au Québec, on peut manger moins de viande et faire attention à ne pas acheter de bœuf qui vient d’Amazonie.
Ce que je trouve particulièrement important, c’est de ne pas oublier que les changements climatiques existent, que c’est urgent d’agir et qu’il faut garder espoir. C’est pour cela que j’ai fait ce film.
Tu peux voir la bande-annonce ici! 👇
Le film L’Ère du feu est disponible gratuitement sur Youtube. Certains passages sont un peu difficiles. Aux As, on te suggère de le regarder avec tes parents.
Toi, sur quelle région du monde aimerais-tu faire un film?
Cet article a été produit grâce à une collaboration avec le
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