Un drone a transporté un rein sur 60 kilomètres!
Le 7 juillet, un drone a transporté un rein sur une distance de 60 kilomètres entre deux hôpitaux en France. Il est allé aussi vite qu’une voiture, mais au-dessus de nos têtes! Est-ce que c’est une idée qu’on pourrait utiliser au Québec? Voyons voir.
Lorsque certains organes tombent malades, comme le cœur, les reins ou le foie, les médecins peuvent les remplacer. C’est ce qu’on appelle une greffe, ou une transplantation. Certains organes peuvent être prélevés chez une personne vivante, comme les reins ou une partie du foie. Pour la plupart des autres cas, le donneur est une personne décédée, mais dont les organes peuvent aider à sauver une et même plusieurs vies.
🚑 Une personne qui fait un don d’organes après son décès peut sauver jusqu'à huit vies et redonner la santé à 40 autres personnes.
Pour réaliser une greffe d’organe, les médecins prélèvent celui en bonne santé lors d’une opération sur le donneur. Il faut ensuite aller le plus vite possible pour le rattacher au corps du receveur. Si un organe ne reçoit pas de sang pendant trop longtemps, il a moins de chances de fonctionner chez la personne qui le reçoit.
Pour te donner une idée: un cœur doit être transplanté en moins de 4 heures.
Comment on transporte les organes d’habitude?
Il arrive que le donneur et le receveur se trouvent dans le même hôpital, ce qui facilite beaucoup les choses.
Mais quand ce n’est pas le cas, l’organe qui servira à la greffe, qu’on appelle un greffon, est transporté par voiture, train ou avion. Des personnes accompagnent l’organe tout le long du voyage pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien.
Pourquoi passer aux drones? 🚁
L’avantage du drone, c’est qu’il diminue beaucoup le temps de transport! Il peut aller en ligne droite, plutôt que de devoir suivre la route, ou être bloqué par la circulation. Pas non plus besoin de se déplacer à l’aéroport ou à la gare: il peut décoller et atterrir à peu près partout!
Plusieurs transports d'organes par drone ont déjà été réalisés dans le monde. C’est même déjà arrivé au Canada en 2021. Des poumons ont été transportés entre deux hôpitaux à Toronto, sur une distance de 4 kilomètres. L’opération a été un succès!
Ce qui est nouveau cet été avec le vol français, c’est la distance franchie. Le drone muni d’un rein a parcouru les 60 kilomètres qui séparaient les hôpitaux des villes de Nantes et de La Roche-sur-Yon. C’est la plus grande distance jamais réalisée en drone avec ce type de bagage très précieux! Le vol a duré 36 minutes. En voiture, le trajet aurait pris le double du temps.
Le directeur médical de Transplant Qébec, Dr Prosanto Chaudhury
Est-ce qu’on va utiliser cette technologie au Québec?
Transplant Québec, l’organisation québécoise qui gère les greffes d’organes, s’y intéresse de près!
Son directeur médical, le docteur Prosanto Chaudhury, considère que c’est une technologie qui serait utile pour les longues distances. «Par exemple, un rein qui est prélevé à Québec pourrait plus rapidement arriver à Montréal» explique-t-il. À l’intérieur de la même ville, il juge que le transport par route est déjà très efficace.
Maintenant, il précise qu’il faudra faire un gros travail pour créer des couloirs sécurisés dans les airs. Et c’est peut-être ce qui rendra la technologie longue à adopter. Chaque route devra être testée plusieurs fois avant d’être empruntée par un drone qui transporte un organe. Par exemple, à Toronto, les médecins ont fait des tests pendant un an pour s’assurer de respecter toutes les réglementations.
Et puis, le médecin ajoute qu’il faut aussi prendre en compte la météo au Québec. On ne voudrait pas qu’un organe se retrouve coincé dans une tempête de neige!
Et toi, as-tu déjà vu ou piloté un drone? Raconte!
Sources: Capital, Sud Ouest, Association canadienne de dons d’organes, Institut canadien d’informations sur la santé
