Sports d’hiver: Moins de neige, plus de défis pour les athlètes
Les Jeux olympiques d’hiver ont commencé à Milan-Cortina! Mais derrière les médailles et les images spectaculaires, il y a un autre décor. Un décor…. qui change. Le climat se réchauffe, et plusieurs athlètes d’hiver sont bien placés pour en constater les effets. Pour certains, s’entraîner devient de plus en plus compliqué. Je t’explique pourquoi!
Philippe Marquis
Philippe Marquis est un ancien skieur acrobatique canadien. Il a participé à deux Jeux olympiques: ceux de Pyeongchang (Corée du Sud, 2018) et de Sotchi (Russie, 2014). Aujourd’hui, il entraîne de jeunes skieurs qui aimeraient un jour suivre ses pas (ou ses skis!).
« Les changements que j’ai vus depuis une dizaine d’années, c’est complètement fou», a-t-il dit à Francopresse.
C’est vers la fin de sa carrière olympique, en 2018, que Philippe Marquis a commencé à observer des changements. Les glaciers où il avait l’habitude de s'entraîner se transformaient sous ses yeux… et se détérioraient. «La glace était terne, grise, il y avait beaucoup de déchets », a-t-il raconté à propos d’un glacier en France.
Au Canada aussi
En Colombie-Britannique, le glacier Horstman fond lui aussi à grande vitesse, ce qui force les athlètes à déplacer leurs zones d'entraînement. «Depuis trois ans, il n’opère plus et a complètement fermé par manque d’épaisseur de neige», a déploré Philippe.
Ici, tu peux voir le glacier Horstman
Lorsque la neige est moins abondante et stable, certaines pistes peuvent devenir dangereuses.
Selon lui, cette réalité complique l'entraînement des sportifs. «Ce n’est pas facile. Il faut être flexible et ouvert à avoir des plans qui changent à la dernière minute», confie-t-il.
Selon une étude de l’Université de Waterloo, en Ontario, 8 des 21 endroits qui ont accueilli les JO depuis 1924 ne pourront plus le faire d'ici 2050 à cause du réchauffement.
Des athlètes qui s’adaptent… et qui agissent
Les athlètes doivent donc trouver des solutions. «On fait plus d’entraînements au même endroit, au lieu de voyager partout», explique Philippe.
Jules Burnotte
«Il y a toujours de la neige quelque part. Mais c’est plus difficile pour les jeunes et pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens», ajoute Jules Burnotte, un biathlète québécois qui a participé aux Jeux olympiques de Beijing (Chine, 2022).
En octobre dernier, près de 80 athlètes canadiens ont signé une lettre pour demander au premier ministre Mark Carney de mettre la protection de l’environnement dans ses priorités.
«Il ne faut pas mettre le sport et l’environnement en opposition. On peut pratiquer un sport de haut niveau tout en faisant attention à la planète», souligne Jules Burnotte.
Philippe Marquis reste tout de même optimiste pour l’avenir: «Quand les choses changent vite, ça oblige les gens à s’ajuster et à inventer de nouvelles solutions pour s’en sortir»!
Et toi, trouves-tu que les hivers ont changé chez toi? Comment?
